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La découverte de l'enfer

Guillaume Boivin,
la journée découverte de « l’Enfer »
du guerrier de Longueuil

Daniel FERTIN

Le matin à l’hôtel j'ai découvert un tout jeune coureur (17 ans) de Longueuil au milieu de ses sept coéquipiers wallons qu’accompagnaient Jean-Marie Ledent, le directeur technique, et André Framont, chacun des deux dirigeants étant d’anciens coureurs wallons.

En effet, depuis un mois et demi, Guillaume poursuit ses étude par correspondance et s’entraîne avec l’équipe du VC Ardennes, l’une des bases de la pyramide de formation qui mène à la grande ��quipe Pro-Tour Predictor Lotto en passant par deux formations continentales dont en Wallonie l’équipe Bodysol Euromillions.

Comme on peut le constater, Guillaume a choisi le bon chemin pour avant tout apprendre les bases du cyclisme, lui qui a d��couvert le cyclisme en suivant les retransmissions de courses européennes sur Internet ! Étonnant pour un Européen comme moi ! Mais peut-��tre que des jeunes Français vont regarder les Canadiens sur Internet !

Pour Paris-Roubaix, la Reine des Classiques, c’est encore plus étonnant pour nous européens, il a découvert l’Enfer du Nord en regardant l’an dernier la cassette de la victoire de Fabian Cancellara. Il l’a passée et repassée en étudiant tout, la mécanique, la tactique de course, la technique de passage des pavés, le travail d’équipe et quand je lui demande quel est le coureur qui le fait rêver sur Paris-Roubaix, je pense à Museeuw, De Vlaeminck, Duclos-Lassalle, Madiot, Boonen, Van Petegem pour les plus récents, mais non, pour Guillaume, c’est le Suisse vainqueur en 2006, normal il ne connaît que cette édition !

Son directeur technique semble également étonné mais pour lui cela marque le sens de la détermination de l’ancien joueur de hockey que Guillaume était.

Après l’hôtel, à la permanence de la course, au petit-déjeuner, il n’y avait qu’un seul coureur en tenue civile, devinez lequel ? À la permanence, devinez encore lequel a été le dernier à s’habiller en coureur ? Les jeunes, Français, Belges, Néerlandais, Allemands, Italiens, Espagnols, Danois, Anglais, Américains, Estoniens... étaient tous impatients d’en découdre et n’avaient d’yeux que pour Johan Museeuw, triple vainqueur de Paris-Roubaix (entre autres) et qui participait là à son premier Paris-Roubaix en voiture, comme directeur sportif d’un club belge.

Au fur et à mesure que l’heure avançait, je voyais notre québécois étonnemment décontracté, quel contraste avec les autres ! Petite cérémonie de vérification des braquets, un test qui consiste à faire rouler en marche arrière son vélo sur une distance déterminée par les commissaires UCI qui vérifient ainsi, en fonction de la position de la pédale au départ et à l’arrivée, que les jeunes n’utilisent pas des développements trop importants pour leur âge. Là, j’entends un grand « Tabarnak » et mon Guillaume qui doit s’y reprendre à plusieurs fois, sa chaîne sautant sans cesse.





Photo : Daniel Fertin

Le départ fictif va être donné de la Grand Place de Saint-Amand-les-eaux, un départ réel est donné 3 kilomètres plus loin. Je regarde le vélo que l’on a prêté à Guillaume, il m’explique que ce n’est pas le sien, qu’il l’a adapté à sa taille et qu’il fera avec. Je prends la photo du vélo de la grande première pour Guillaume. Je serai malheureusement le dernier à avoir vu ce vélo entier. En effet, dans la partie neutralisée, le vélo se casse. Il doit repartir avec un autre vélo, cette fois non adapté à sa morphologie.



Photo : Daniel Fertin

Les premiers secteurs pavés se passent bien pour Guillaume, je le vois bien placé dans un des premiers secteurs pavés, des pavés qu’il a découvert hier pour la première fois. Dans le secteur « Marc Madiot » entre Beuvry-la-forêt et Orchies il est légèrement détaché du groupe. Je commence à m’inquiéter pour lui alors que je me dirige vers le vélodrome pour l’arrivée, mais je ne vais pas tarder à comprendre l’explication de ce léger retard.

Fabien Taillefer (équipe de France) l’emporte en solitaire devant un Belge, Jens Debusschere et un Italien Paolo Locatelli. Placé sur la ligne d’arrivée, je ne vois aucun coureur de son équipe, la mal��diction qui frappe depuis le début de saison l’équipe Predictor Lotto chez les pros a-t-elle atteint les juniors ?

Soudain, je vois un maillot du VC Ardennes se présenter, je ne reconnais pas le vélo, mais quand il passe devant moi pour le dernier tour de piste je m’aperçois que c’est bien lui ! Guillaume finit 31ème et premier de son équipe.



Guillaume, après sa course, sur le v��lodrome de Roubaix
Photo : Daniel Fertin
Belle performance pour un coureur qui découvre « l’Enfer du Nord ».

Je traverse la pelouse pour le rejoindre et c’est à ce moment qu’il m’explique son « aventure », le changement de vélo dans la zone neutre, une crevaison arrière suivie 100 mètres plus loin d’une crevaison avant, alors que la bonne échappée était partie. Guillaume est déçu, ma première réaction est de le féliciter. Je lui donne l’exemple de Gilbert Duclos-Lassalle qui a découvert cette course à la fin des années 70 pour ne la gagner, la première fois, qu’en 92. Guillaume, tu es venu pour apprendre, sois patient.



Les mains pleines d'ampoules
Photo : Daniel Fertin
Alors que Stuart O’Grady pénètre sur le vélodrome pour son tour d’honneur victorieux et solitaire, Daniel Mangeas annonce que l’Australien a découvert le cyclisme en regardant sur son continent une cassette de Paris-Roubaix. Et si l’histoire s’adaptait au Québec dans quelques années ?

Jean-Marc Ledent, avec qui je discutais après la course, était lui impressionné par la volonté et le courage de celui qui s’entraîne quand il est au Québec avec le Champion du Canada Dominique Rollin. « Quel guerrier ! Il n’abdique jamais, il n’est jamais battu. Belle performance pour une première. Sans tous ses ennuis, il finissait dans les 10 premiers, j’en suis sûr ».

Maintenant Guillaume doit courir un peu en Europe et il repartira au Québec dans deux semaines avant de revenir, ce n’est pas encore totalement confirmé, avec une sélection canadienne pour une Coupe du Monde en Allemagne.