Championnat du Monde sur Route 2009 - UCI

Mendrisio - Suisse

 
     
 
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La barre était haute


Départ et arrivée dans la zone des installations sportives de Mendrisio. Après les premiers 1'930 m, les coureurs affrontent le premier obstacle, une montée de 1'600 mètres qui, sur les premiers 820 m, traverse le centre de Mendrisio jusqu'au pied de la montée de l'Acqua Fresca, un raidillon de 780 m, avec une pente moyenne supérieure à 10%. Le point le plus haut du circuit est atteint à Castel San Pietro, à 438 m d'altitude. C'est là que débute l'unique descente du circuit: 4'580 m à couper le souffle, techniquement difficiles, qui mènent à Balerna, la cote la plus basse du tracé à 250 m d'altitude. Après seulement 1'420 m relativement plats, surgit le deuxième obstacle du circuit: la mythique montée de la Torrazza di Novazzano, th��âtre de la bataille des Mondiaux de 1971 entre Felice Gimondi et Eddy Merckx: 1'750 m de long avec des sections de pente à près de 10% qui mènent �� 376 m d'altitude. De cette rampe de lancement, les coureurs entament le dernier tronçon: d'abord 800 m de descente facile avant le plat final de 1'810 m, entre Genestrerio et l'arrivée à Mendrisio.


Selon les organisateurs, le circuit choisi pour ce Championnat du monde sur route est l'un des plus difficiles de l'après-guerre, ce n'est peu dire... Cliquez ici pour accéder à un vidéo commenté qui présente les caractéristiques particulières de ce circuit: Circuit Championnat du monde sur route 2009.

Notre équipe canadienne est composée de 4 coureurs: Ryan Anderson, David Veilleux, David Boily et moi-même. Le défi est considérable d'autant plus que nous sommes peu nombreux en comparaison avec d'autres pays comme l'Italie, l'Allemagne ou la France par exemples. Dès notre arrivée lundi, nous sommes sortis rouler le circuit... vraiment, la course sera très physique avec très peu de temps de récupération entre les montées.

La course de 179,4 km/13 tours, avec un dénivelé total de 3'185 mètres, aura lieu samedi le 26 septembre. D'ici là, nous allons nous habituer à l'altitude et aux divers tronçons de route de ce parcours exceptionnellement difficile: montées abruptes, descentes rapides et techniques. Nos capacités cardio-vasculaires seront mises à rude épreuve... il ne restera que très peu de cyclistes à la fin de la course et nous espérons bien être du nombre.



À 13:30 PM en Suisse, 7H:30 AM heure de Montréal, c'était enfin le départ pour les 166 cyclistes en provenance du monde entier. Nous avions 13 tours d'un circuit de 13,8 kilomètres extrêmement difficile. Dès le début de la course, une première attaque était lancée par un cycliste du Kazakhstan, Kharkaham Merey. Il a été rejoint rapidement par deux autres cyclistes alors que nous n'étions pas très loin derrière. Nous amorcions notre première ascension avec beaucoup d'agressivité et de vitesse. J'espérait bien ne pas brûler de cartouches trop rapidement car la course serait longue.

La nouvelle attaque a été donnée par Alex Howes des États-Unis et rejoint par le Colombien Jose Cayetano et le Suisse Jonathan Fumeaux quelques mètres plus loin. Ils ont pris une lég��re avance sur le peloton. Nous venions de compléter un premier tour de circuit. Les trois cyclistes en légère échappée et le peloton ont amorcés la première ascension du circuit au début de ce deuxième tour, une longue montée avec une dénivellation de 12%. Heureusement la route était asséchée. Plus tôt en matinée, les femmes ont roulées sous la pluie.

Le trio poursuivait toujours son échappée lors de l'ascension de la seconde montée du circuit. Un cycliste Kazakh s'est détaché pour rattraper les trois coureurs puisque l'écart entre eux et le peloton s'était beaucoup réduit. Nous étions très près de faire la jonction. Deux cyclistes Allemands ��taient en avant du peloton. Je me tenais dans le groupe en avant. La jonction étant complétée, un cycliste Suisse lançait une nouvelle attaque aussitôt rejoint par un deuxième, un troisième et un quatrième cycliste. Encore une fois, le peloton a fait la jonction assez rapidement.

Nous avions 2 tours de circuit de complétés avec cette répétitive ascension de 12%. Le cycliste Australien Schöffman s'est échappé en prenant rapidement une avance de 45 secondes, puis de 1 minute, puis de 2 minutes. Les coureurs ne toléreraient pas très longtemps une échappée trop menaçante même s'il restait encore 138 kilom��tres à parcourir. Un groupe de maillots oranges Néerlandais ont pris les choses en mains en imposant un tempo plus rapide au peloton. Une chute de 5 coureurs s'est produite. Je ne sais pas ce qui est arrivé. Les choses se sont passés si vite... la course continuait de plus belle. La course était encore jeune et les attaques, contre-attaques, échappées et jonctions de pelotons se succédaient. Nous avions encore 110 kilomètres à faire et j'économisait mon énergie. Mon plan de course était très simple: rouler dans le peloton aussi longtemps que possible et tirer profit d'une opportunité qui se présenterait dans les derniers kilomètres de l'épreuve.

Martin Schöffmann d'Australie était toujours en échappée. Un groupe de 4 cyclistes compos�� de Darwin Atapuma Hurtabo de la Colombie, Nico Keinath d'Allemagne, Timothy Roe d'Australie et David Veilleux du Canada étaient en chasse pour rattraper l'Australin Schöffman. Ils étaient alors 5 cyclistes dont 2 Australiens et David Veilleux de notre équipe canadienne. Le jeux de protection des cyclistes en échappée se jouait derrière dans le peloton. L'Australien Jack Bobridge, champion U23 du Contre-la-montre à pris le contrôle du peloton avec son équipe... ça se comprend, il y avait 2 Australiens dans l'échappée. Notre équipe canadienne limitée à 4 coureurs, dont David Veilleux, ne pouvait  imposer quoi que se soit au peloton. Nous n'étions pas assez nombreux. Il fallait suivre la parade. Il restait 86 kilomètres et 7 tours de circuit à compléter. Nous revenions à notre côte de 12%... C'est alors que les choses se sont gâtées pour moi. Pour une raison difficile à expliquer, je me suis trouvé soudainement en panne de jambes dans cette fameuse montée de 12% sur 800 mètres. Après m'être fait larguer du peloton, j'abandonnais la course à mi-parcours.

L'écart était maintenant de 2 minutes 7 secondes entre l'échappée et le peloton. Les Australiens avaient de la difficulté à retenir le peloton car les Italiens ne comptaient pas laisser filer la victoire. Il restait 64 kilomètres et l'écart avait diminué dramatiquement, seulement 47 secondes. Le Russe Andrey Solomennikov à fait la jonction le premier avec le groupe de 5 coureurs en échappée. L'écart de 10 secondes a été facilement comblé. Il ne restait que 10 secondes. À moins de 55 kilomètres à faire, tout pouvait  arriver.

Dans une nouvelle montée, 2 Colombiens, Bobridge et Montayo, ont relancés encore une fois l'attaque pour se détacher légèrement du peloton. Ils ont été suivis par des cyclistes Allemands. Un cycliste Anglais s'est joint au groupe de poursuite. Un autre groupe de 5 cyclistes s'est également formé derrière cette nouvelle échappée. La jonction entre les 2 groupes s'est alors complétée. Ils étaient 13 cyclistes en avant et des cyclistes derrières qui avaient le cou entre les jambes pour maintenir l'effort. Il n'y avait que 5 secondes d'écart.

Il ne restait  plus que 50 coureurs dans le peloton avec 3 tours de circuit à faire et 44 kilomètres. Un nouveau cycliste est passé à l'attaque. C'était le Français Alexandre Geniez. Il a été immédiatement rejoint par 2 autres cyclistes, suivi par de petits groupes de coureurs. L'Australien Leigh Howard s'est lui aussi porté en attaque pour rejoindre les 3 nouveaux leaders.

Le peloton est devenu de plus en plus petit. Un autre Colombien s'est porté à l'attaque. Ils ont été très actifs pendant toute la course. Ils étaient maintenant 6 coureurs en échappée avec un écart de 20 secondes sur le peloton. Le groupe des 6 a été subitement réduit à 5 coureurs puisque le Belge Jérome Baugnies s'est fait larguer.

L'échappée était alors composée du Colombien Sergio Luis Henao Montoya, du Français Alexandre Geniez, du Slovaque Blaz Furdi, de l'Italien Gianluca Brambilla et de l'Australien Leigh Howard. Il ne restait que 28 kilomètres avec 2 tours de circuit à faire. Le peloton était  à 40 secondes de l'échappée. Un cycliste est tombé en arrière du peloton. Le Français Romain Sicard et le Néerlandais Michel Kreder étaient bien en avant. Un Colombien à tenté de les rejoindre. Les 2 leaders se sont partagés le travail. Un peu bizarre, le Français Nicolas Edet s'est mis à chasser son propre coéquipier. Il était 13 secondes derrière lui. Le peloton s'est mis à ralentir.

Edet a été rejoint par un Russe et ensuite le peloton. Sicard et Kreder se trouvaient  à la dernière montée de l'avant dernier tour de circuit de la course. Un groupe de 5 coureurs ont tentés  une poursuite. Il ne restait qu'un tour et 13,8 kilomètres à faire. Le groupe de chasse était à 30 secondes de l'échappée et le peloton à 32 secondes du groupe de chasse. L'Italien Daniele Ratto a essayé de rejoindre les leaders main en vain. Trois Colombiens étaient dans le groupe de chasse pendant que Sicard s'est détaché de Kreder. Il ne restait que 10 kilomètres à faire et le Français Sicard augmentait son avance solo à 39 secondes. Kreder a été rejoint par le groupe de chasse

C'était le  dernier kilomètre de la course. Sicard avait la victoire à sa portée. Il regardait derrière lui et il n'y avait personne, sauf les motocyclistes qui l'escortaient. Une entrée triomphale du Français Sicard suivi du Colombien Gomez Carlos Alberto Betacour et du Russe Egor Silin.

1   Romain Sicard (France) 4:41:54
2   Betancur Gomez Carlos Alberto (Colombia) 4:42:21
3   Egor Silin (Russian Federation) 4:42:21
4   Peter Kennaugh (Great Britain) 4:42:43
5   Jérôme Baugnies (Belgium) 4:42:48
6   Marko Kump (Slovenia) 4:42:48
7   Yevgeniy Nepomnyachshiy (Kazakhstan) 4:42:48
8   Sarmiento Tunarrosa Jose Cayetano (Colombia) 4:42:48
9   Matthias Brandle (Austria) 4:42:54
10  Damiano Caruso (Italy) 4:43:27

Ce fût une course avec un niveau de difficulté extrême. Notre coéquipier David Veilleux a terminé au 62ième rang. Il a livré une vaillante échappée pendant 4 tours de circuit en compagnie de 5 autres cyclistes.

Je suis évidemment déçu de ne pas avoir complété la course. La barre était haute avec un temps de récupération très limité entre les ascensions et les descentes. Il faudra revoir ma préparation pour ce type de parcours. Nous revenons sur Montréal dès demain matin. Quelques jours de repos et je rejoint dès vendredi l'équipe Planet Energy pour une nouvelle compétition au Mexique.